Camille Claudel, quand la famille conduit à la folie

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Les confidences du Cygne

Avez-vous, comme moi, admiré les sculptures de Camille Claudel ?

En 1988, je réalisais le thème numérologique de cette artiste, désireuse de comprendre son destin dramatique, en dépit de son talent. Édifiant !

Depuis, la pratique de la psychogénéalogie et les nombreuses lectures qui se référent à ce travail sur les lignées m’ont permis d’approfondir les raisons d’une fin aussi tragique.

Tout d’abord un peu d’histoire pour situer la vie de cette famille.

Louis-Prosper Claudel épouse le 3 février 1862 Louise-Athanaïse Cerveaux. Ils auront quatre enfants ensemble, dont le fils aîné Charles-Henri, né en 1863, qui ne vivra qu’une quinzaine de jours.

Camille viendra au monde le 8 décembre 1864 alors que sa mère n’a toujours pas fait son deuil de cette perte innommable. Aussi dès la naissance de sa fille ressentira-t-elle de l’aversion envers la petite. Il faut rappeler alors que Louise-Athanaïse a perdu sa mère quand elle-même n’avait que trois ans à la naissance de son propre frère. De même que Louis-Prosper perdît son père à quatre ans.

Pouvons-nous envisager que, dans l’inconscient de cette mère, naissance et décès soient liés ?

Camille a un chemin de vie N°2 en numérologie, ainsi que les lettres à vibration 2 manquantes. Nombre qui parle de féminité, de sensibilité, de collaboration et bien entendu de l’appel du lien avec la mère. Ce qui, d’emblée, montre la souffrance que, tout au long de sa jeunesse, elle a pu ressentir en étant rejetée par cette dernière. Camille était traitée « d’usurpatrice », car elle tenta de combler le vide qu’avait laissé ce frère décédé trop vite. En vain.

Dans cette famille, comme c’était le cas à ces époques, nous retrouvons la répétition des prénoms ou deuxième prénom qui reviennent comme des ritournelles :

Le père Louis épouse une Louise et ils nommeront leur troisième fille Louise. Cette enfant porte donc le prénom de sa mère, de sa grand-mère et de son arrière-grand-mère, sans oublier le rappel de la féminisation du prénom paternel…

Paul Louis Charles Claudel porte à la fois le prénom du frère à sa mère, décédé deux ans plus tôt et celui de son frère mort quatre ans avant sa naissance.

Or, au milieu de la tradition bien ancrée, le prénom Camille n’apparaît nulle part dans la généalogie des deux familles.

Était-ce une volonté de rompre la répétition des prénoms, de créer du renouveau ou d’exclure définitivement la fillette du clan Claudel-Cerveaux ?

 La seconde et le cadet vont vivre unis durant toute leur enfance, à l’instar d’un couple fusionnel. En chacun d’eux, on peut retrouver cette empreinte Claudel : ils sont entiers, fiers, coléreux et guère sociables. En dépit de leur génie créatif dans deux disciplines différentes, la sculpture et la littérature, ils conservent un côté rustre issu de leur origine terrienne qui fera tache dans les salons parisiens.

En psychogénéalogie, il est souvent reconnu que les familles fabriquent des paratonnerres. Il faut cinq générations pour qu’apparaisse une personne folle. De même que notre époque a conçu une alternative à la folie par l’intermédiaire de l’artiste.

L’art s’apparente à une activité de résilience. Il permet d’exprimer au-delà des mots ce qui se vit dans les lignées. Il offre l’opportunité de s’approcher du problème familial sans rompre la fidélité familiale.

La créativité étant l’expression de la vie, tant que Camille réussissait à sculpter, la fluidité de son psychisme la tenait à l’écart de la folie.

Or, durant toute sa vie, Paul, justement, a été hanté par la folie, conscient que leur exaltation, leur enthousiasme ou leur génie les rapprochaient de leur oncle maternel qui s’était suicidé.

Dans l’espoir de s’extraire d’une famille recroquevillée sur elle-même, les deux enfants Claudel, dans une voie propre à chacun, ont tenté de s’individualiser.

Si Camille a fini sa vie, seule, internée à partir du 10 mars 1913, à la suite de la mort de son père, son placement gentiment orchestré par son frère, lui connaîtra un destin où son génie sera reconnu.

Trahie par les trois hommes importants de sa vie : son père, Rodin et son frère, Camille n’a pas d’autres choix dans cette famille où elle n’a pas sa place, dans cette société machiste, que de s’autodétruire, allant même jusqu’à détruire ses œuvres chaque été à partir de 1905.

Était-ce en raison de la mort brutale de son frère Charles-Henri décédé le 16 août 1863 ?

Sa paranoïa s’approfondit, et son caractère excessif deviendra redoutable, ce qui lui vaudra d’être abandonnée de tous, sa famille qui craint sa violence ne lui rendra même pas visite à l’asile, ses amis s’éloigneront et ses admirateurs s’écarteront.

Le piège monstrueux se refermera et personne n’entendra sa supplique d’être enfin libérée, même après le décès de Louise-Athanaïse. Tous pensent que sa maladie mentale est incurable, justifiant un internement de trente longues années.

En numérologie, sa fin de vie est en effet marquée par un 22/4, nombre du génie ou de la folie.

Dans son cas, on peut vraisemblablement penser que l’un l’a conduit vers l’autre, au vu des jalousies, du non amour, des pertes, des avortements et des trahisons jalonnant son existence.

Répudiée par les siens, ni Paul ni Louise ne réclameront son corps à sa mort. À ce jour, il ne reste qu’une plaque à l’église de Villeneuve, avec comme unique mention : Camille Claudel 1864-1943.

Enterrée une première fois comme une indigente, son corps disparu, sa famille ne la réhabilitera pas, même pas en lui octroyant un monument, de manière à lui donner une réalité (Fille ? Sœur ? Sculptrice ?)

Elle a été tout bonnement effacée.

Article inspiré des travaux d’Isabelle Basile (l’enfer de la reproduction) écrit en 2018

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La vague - Camille Claudel

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